
Que ce soit sur le plan personnel ou professionnel, nous aspirons tous à créer des relations saines, positives et agréables avec les autres. Des relations qui sauront également nous procurer le plaisir de vivre en société.
Pourtant, rares sont les occasions ou nous sommes réellement à l’aise et dans lesquelles nous nous autorisons à être nous-même.
En effet, qu’on le veuille ou non, les relations humaines sont pour la plupart superficielles. Car le jour où vous vous dévoiler, bien souvent l’autre juge bon ou pas d’accepter votre personnalité! Et ne laissent ainsi, aucune place à l’authenticité et à la sincérité. Nous passons alors notre temps à jouer sans cesse un rôle dramatisé en fonction des circonstances et de nos interlocuteurs au lieu d’essayer d’entrer véritablement dans une relation positive et constante avec les autres.
Le triangle de karpman illustre parfaitement ces états relationnels que nous mettons en place lors de nos interactions avec les autres et qui écourte bien souvent beaucoup de relations.
Le triangle de Karpman, qu’est ce que c’est?
Le triangle dramatique de Karpman est constitué de sommets, correspondant aux rôles que nous sommes susceptibles de jouer, dans une relation conflictuelle ou problématique. Ces rôles sont les suivants: le persécuteur, le sauveur, la victime.

Développé en 1968 par le psychologue américain Stephen B. Karpman, le triangle de karpman ou communément appelé le triangle dramatique fait partie de la famille des jeux de manipulation psychologique.
Elle met en évidence la tournure dramatique que peuvent prendre les relations humaines. Et cela, aussi bien dans le domaine personnel que dans le cadre professionnel. Mais surtout dans la relation amoureuse. En effet, nous jouons souvent à des jeux de manipulation psychologique dans le couple sans nous en rendre compte.
Ainsi, le triangle de Karpman s’articule autour de trois rôles relationnels que nous occupons inconsciemment dans le scénario d’une relation dramatique.
Celui de la victime, du sauveur et du persécuteur qui selon Karpman sont à l’origine des relations négatives avec l’autre ou les autres.
Il est à noter que le triangle dramatique est un jeu psychologique dans lequel les acteurs sont capables de changer alternativement de rôle. Ainsi, en fonction de l’évolution de la situation, le triangle va tourner en faisant inconsciemment passer les acteurs d’un rôle à l’autre. Mais pas seulement, il existe certains cas où un acteur assume lui-même les trois rôles simultanément.
LE SAUVEUR
Le portrait du sauveur dans ce triangle dramatique est plutôt flatteur : c’est quelqu’un de généreux, d’altruiste, qui fait attention aux autres, bienveillant voire empathique.
Sympathique comme profil. Alors pourquoi faut-il fuir ce genre de comportements ?
Le sauveur est très sensible aux problèmes des autres, à tel point que parfois, il se sent obligé d’intervenir dans la vie d’autrui, pensant bien faire… cela le rend intrusif, et peut provoquer une mauvaise communication et des conflits.
La relation toxique s’installe là où il considère l’autre comme étant incapable de se sortir lui-même de ces problèmes et de penser par lui-même. Se sentant à chaque fois responsable de leurs inconforts. Le sauveur se donnera alors lui-même pour mission de les secourir et les surprotéger.
Pourquoi un tel comportement?
Les causes d’un tel comportement remontent le plus souvent à l’enfance. La plupart des sauveurs ont été les « parents » de leurs parents ou d’un membre de leur famille touché par une dépression, une addiction, ou un décès par exemple. Ils ne savent se sentir aimé qu’en prenant soin des autres. On trouve d’ailleurs beaucoup de « sauveurs » parmi les soignants.
Pourtant, certains d’entre eux plongent dans la dépression, l’épuisement et la frustration car ils ne savent pas s’occuper d’eux-mêmes, ni exprimer leurs besoins.
Que faire pour sortir de cette posture?
Cela implique parfois une remise en question de toute une vie (conjoint, famille, travail, amis). Le sauveur doit accepter et faire le deuil de ce qu’il n’a pas pu sauver quand il était enfant. Se concentrer sur ses propres besoins, se valoriser et travailler sa confiance en soi permet de lâcher prise progressivement et d’accepter l’aide des autres, tout en se libérant de la dépendance.
LA VICTIME
Tel un Caliméro puissance 10, la victime dans le triangle de karpman est une personne qui excelle dans l’art de se plaindre et sait se faire plus faible qu’elle ne l’est réellement. Pessimiste et négative, elle donne souvent l’impression que le sort s’acharne contre elle. De plus, dans le déni de responsabilité, la victime n’a jamais rien à se reprocher. Pour elle, tout le mal qu’elle vit vient de son persécuteur. Cette personne qui lui gâche l’existence et fait de sa vie une vraie misère. Mais dont elle n’a pourtant pas envie de s’éloigner.
D’ailleurs, cherchant constamment une bonne âme charitable pour s’occuper de ses problèmes à sa place, elle n’hésite pas à manipuler pour faire pitié.
Les personnes atteintes de ce syndrome ne sont pas très persévérantes dans leurs entreprises. Elles ne persévèrent vraiment que dans deux types d’actions : Se « plaindre » d’être des victimes et demander « réparation ». Si d’aventure elles obtiennent justice et réparation, elles cherchent simplement un nouvel objet de plainte et une nouvelle demande de réparation. Le schéma se répète sans fin. C’est leur mode de relation au monde. De toutes les conséquences psychologiques fâcheuses d’un abus ou d’une négligence, le syndrome de la victime est peut-être la pire.
Pourquoi un tel comportement?
Le syndrome de la victime est une configuration cognitive, affective et émotionnelle particulière qui se développe chez des personnes qui ont été victimes d’abus ou de négligences sévères et qui n’ont jamais reçus d’attention qu’en rapport avec leur état de victime.
Que faire pour sortir de cette posture?
Compte tenu des causes du syndrome de la victime, vous devez contacter un thérapeute. Après une conversation confidentielle approfondie avec un spécialiste, la principale cause psychoémotionnelle est identifiée (c’est le diagnostic du syndrome de la victime). Raconter votre histoire, une personne aide elle-même à commencer la guérison interne.
LE PERSECUTEUR
Le persécuteur, aussi appelé le bourreau, est le rôle de celui qui sanctionne la victime et qui affronte le sauveur.
Cette personne cherche constamment à dominer l’autre. Que ce soit par les menaces, les malveillances ou encore l’agressivité. Il édicte les règles, commande et ne pardonne aucun écart. Parfois, il n’hésite pas à dévaloriser, utiliser des propos humiliants et faire des critiques destructrices pour mettre l’autre en position d’infériorité. Se transformant même parfois en vrai manipulateur narcissique, ce dernier use et abuse de tous les coups bas pour libérer ses pulsions agressives et exercer son pouvoir sur les autres.
Le protagoniste qui persécute a toujours tendance à se (sur)valoriser. Cette posture le met en position de domination et le pousse à dévaloriser son interlocuteur, parfois jusqu’au mépris. Les persécuteurs sont aussi assez ironiques, voire sarcastiques, et n’hésitent jamais à appuyer sur les défauts des autres. Ils sont particulièrement doués pour générer des rivalités et des conflits d’intérêt et de pouvoir au sein d’une équipe
Pourquoi un tel comportement?
Ce syndrome trouve son origine dans la petite enfance où, pour faire face à une insécurité émotionnelle, aux blessures ou traumatisme, l’individu va se construire un personnage qui va, tour à tour, prendre la forme du persécuteur. Celui qui a été persécuté deviens le persécuteur à son tour s’il ne prends pas conscience du mal qu’il a subit.
Que faire pour sortir de cette posture?
Il convient d’aller explorer la blessure originelle celle qui vous a poussé à revêtir ces masques et de la traiter. Il est question ici de (re) prendre ses responsabilités, de (re) devenir Maître de sa propre vie, de réparer sa capacité relationnelle, de trouver en soi les ressources nécessaires à sa sécurité propre et donc de prendre conscience de ses forces et de ces vulnérabilités.
Il est aussi question de connaître sa mission de Vie et d’accepter que chaque personne à la sienne et donc chaque personne a SA place qui n’est ni bonne ni mauvaise mais simplement Juste.
Nous avons tous notre échelle de valeur mais à quelle titre serait elle meilleure ou moins bonne que celle de notre voisin ? Qui sommes nous pour en juger ? Sommes nous parfaits ? Ne faisons nous jamais aucune erreur ?
Nous devons (re) trouver notre capacité à poser des limites claires, à accueillir celles des autres et à savoir gérer les conflits, qui peuvent naître, dans la bienveillance.
Au lieu d’aller chercher chez l’autre ce qui ne va pas, il est nécessaire de prendre conscience que l’Autre n’est que notre miroir. Notre relation à l’autre n’est que l’expression de notre relation à nous même.
Bref si nous devions résumer la chose à quelques grandes phrases :
- Ce n’est pas personnel.
- Ce qui me dérange le plus chez l’autre c’est ce qui n’est pas résolu chez moi.
- M’a t’on réellement et ouvertement demandé mon aide ou mon avis ?
- Est ce fluide et juste ?
Il y en a d’autres bien sûr… C’est à vous de déterminer celles qui vous parlent!
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